L’église de Saint-Philbert de Bouaine


L’église était le lieu de réunion des habitants de la communauté de Bouaine. Elle a toujours été placée sous le patronage de Saint-Philbert, l’abbé du monastère de Noirmoutier. La première construction est estimée du XIIème siècle. Elle était située sur le même emplacement et avec la même orientation que le bâtiment actuel, le chœur vers l’est. Elle ne comportait qu’une seule nef de 23 mètres par 10 mètres, un chœur de 9 mètres par 5 mètres. Elle était couverte en ardoises. Le clocher situé sur le côté nord était constitué d’une tour carrée surmontée d’une flèche en bois s’élevant à environ 32 mètres. Un petit cimetière l’entourait.


Vers 1430, il lui est adjoint une chapelle dite de « Goulaine » ou de « la Ruffelière », construite selon la volonté d’Aliette de Polhay, dame de la Ruffelière. Vers 1480, la chapelle « Sainte-Catherine » est construite par Olivier Leroux, Seigneur de Beauvais.

Pendant les Guerres de Religion, le 10 avril 1568, le bâtiment est incendié par les Protestants. Les réparations des autels et des vitraux dureront jusqu’en 1614. Le 30 septembre 1572, l’église devient la sépulture de Gaspard de Mayré, Seigneur de la Sècherie, devant l’autel de la Sainte-Vierge. Le 28 février 1674, c’est Jonas de Lescorce, Seigneur de la Sivetière, qui est inhumé dans la chapelle Saint-Nicolas. Le 16 janvier 1764, Louis Jacob de Lespinay est enterré devant l’autel de Saint-Sébastien. En 1784, la marquise Louise Charlotte de Juigné, épouse du Seigneur de Rocheservière, ancien ambassadeur en Russie, offre une cloche supplémentaire.


Pendant la Révolution, le 24 février 1794, l’église est pillée par les troupes républicaines. Ils emportent les cinq cloches. Le 8 décembre 1798, devenue bien national, l’église est vendue au citoyen Duroussy. Elle sera rachetée le 23 décembre 1800 par un groupe de paroissiens. La nef n’a plus de toiture ; aussi les fidèles ne sont pas protégés pendant qu’ils assistent aux offices maintenant autorisés avec le Concordat. Les importantes réparations ne s’achèveront qu’en 1808.

En 1825, l’église est considérée très ancienne et trop petite pour la communauté religieuse. La cloche de la chapelle de la Ménolière, même fêlée, est récupérée et installée dans le clocher qui sera réparé en 1834. Elle est rejointe par « Françoise Agathe », une nouvelle cloche de 525 kg en sol dièze. Finalement, le clocher trop ancien est démoli en 1850.

Croix de l'ancienne église maintenant visible à l'entrée du village du Piltier

Progressivement, un nouvel édifice remplace entièrement l’ancien à partir de l’année 1866. Le chœur est complété par des stalles, des boiseries et un parquet en 1880, par l’entreprise nantaise Baranger. La nouvelle église est consacrée par l’évêque de Luçon, Monseigneur Catteau, en 1883. Cependant des travaux se poursuivent dans la nef : remplacement du vieux dallage par du ciment en 1888, installation de bancs en 1890. Le clocher reçoit une horloge des Établissements Lussault de Tiffauges en 1895. Les fonts baptismaux reçoivent en 1903 une cuve en marbre blanc d’Italie.


Promulguée le 9 décembre 1905, la loi instituant la séparation des Églises et de l’État supprime le budget des cultes et attribue la propriété des édifices religieux aux communes ou aux départements ou à l’État. En 1906, l’inventaire du percepteur prévu par la loi suscite une forte opposition de la paroisse. Elle provoque la mobilisation du Commissaire de La Roche-sur-Yon soutenu par des brigades de gendarmerie et une compagnie du 93ème Régiment d’Infanterie ; il organise un siège de l’église. Ce qui aurait pu s’achever dans le sang est finalement mené à la va-vite en profitant d’un effet de surprise.

Les forces de l'ordre ont pénétré dans l'église en brisant le bas du vitrail de gauche.


Le 10 février 1910, une tempête renverse la flèche en bois du clocher. La même année, l’acétylène fabriqué dans le champ de foire pour l’éclairage public est acheminé jusqu’à l’église pour les cérémonies en nocturne. L’année suivante, l’architecte Liberge réalise un plan pour la construction d’un nouveau clocher avec sa flèche en pierres, garantie pour résister à toutes les épreuves climatiques. La réalisation s’effectue en 1912 avec une flèche en pierres de Sireuil (Charentes) montée par l’entreprise Piloquet de Nantes. Hauteur du beffroi : 21 mètres, hauteur de la flèche : 21 mètres, la croix et le coq : 3 mètres, soit une hauteur totale de 45 mètres. Le coq et le paratonnerre sont montés par l’entreprise Dolivet de Nantes. Coût : 562 francs. Il n’y eut aucun accident à signaler durant tous ces travaux. Deux nouvelles cloches sont montées : Ernestine, 1098 kg et Élisabeth, 328 kg. Coût : 76824 francs.


 

Le clocher avec la flèche en bois puis avec la flèche en pierre

En mémoire des morts de la guerre 1914-1918, le 11 juin 1921, deux plaques de marbre traçant les noms des paroissiens disparus sont bénies au fond de l’église. Coût : 2600 francs payés par les familles des défunts.



Des modernisations sont apportées pour le confort des fidèles. En 1924, l’éclairage électrique remplace celui à l’acétylène. Puis en 1946, la première sonorisation est achetée pour 25 000 francs, la moitié étant payée par la commune. Après près d’un siècle, en 1954, des réparations importantes s’avèrent nécessaires : enduit, ravalement extérieur, couverture, zinguerie, vitraux. La paroisse en paye la moitié au côté de la commune.

Le concile Vatican II (1962-1965) veut sortir l’Église du traditionnalisme. Le curé Aubret applique cette évolution à l’intérieur de l’église : il réduit le grand autel flamboyant en une simple table, il badigeonne toutes les statues, il supprime la chaire et la grille de la Sainte Table… En 1967, l’usage de l’une des sacristies est détournée pour y installer un chauffage qui pulse l’air chaud dans la chapelle voisine, ce qui vaut à la statue de Jeanne d’Arc de déménager.


Le choeur de l'église avant les transformations

Mais l’édifice est très ébranlé en 1972, le 13 février, par une tempête qui déplace une partie de la toiture. Il restera fermé jusqu’au 2 juillet, le temps que les artisans de Bouaine le restaurent.

Vue sur les dégâts de la tempête



Quelques vues sur les travaux de réparation conduits par des artisans de Bouaine, Guy Barreteau charpentier, Raymond Bouaud maçon






En 1987, les Établissements Lussault de Tiffauges retirent l’horloge mécanique ancienne pour placer une horloge électromécanique, l’ancienne étant conservée dans le hall de la mairie. La nouveauté suivante intervient dans le chœur en 1993 avec l’arrivée de la croix processionnelle du XVIème siècle exposée dans une cellule sécurisée.

Visite de l'église actuelle


Avançons vers le choeur.


La croix processionnelle du XVIème siècle dans son écrin


Les boiseries du choeur





Les deux chapelles








Un des trois confessionnaux

Les anciens fonts baptismaux







Identité des cloches



A l'intérieur du clocher

1846 FRANÇOISE, Marthe, Agathe, Amélie
Marraine : Agathe Amélie, baronne de la Brousse
Maire : Pierre Hilléreau
Curé : François Robin
Bénédiction : François Robin
Note : sol dièze
Après refonte, elle a été bénie le 25 août 1995 puis réinstallée.

1852 PHILBERTE, Adèle, Marie
Parrain : Louis, baron de la Brousse
Maire : Auguste Toulmouche
Curé : François Robin
Bénédiction : Mgr Jacques Marie Boilles, évêque de Luçon
Note : fa dièze

1912 ERNESTINE, Séraphine, Stéphanie, Julienne
Parrain : Stéphane Briaud du Gué-Bisfou
Marraine : Ernestine Neau de la Bretinière de Saint-Colomban
Maire : Auguste Hilléreau
Curé : Jean Chateigner
Bénédiction : chanoine René Mignen
Note : mi

1912 ARMANDE, Élisabeth, Philberte
Parrain : Armand Barreteau
Marraine : Élisabeth Grousseau
Maire : Auguste Hilléreau
Curé : Jean Chateigner
Bénédiction : chanoine René Mignen
Note : si